Le navire de croisière MV Hondius reste immobilisé au large du Cap-Vert après plusieurs cas suspects de hantavirus détectés à bord. Alors que trois personnes ayant voyagé sur le bateau sont décédées depuis le début de la croisière, les autorités sanitaires internationales tentent désormais de confirmer l’ampleur du risque.
Selon le ministre sud-africain de la Santé, les premiers tests réalisés sur un passager contaminé montrent qu’il s’agirait de la souche des Andes, un hantavirus rare capable de se transmettre entre humains. Une information qui inquiète les autorités sanitaires, même si l’OMS rappelle que le risque pour la population générale reste faible.
Une croisière qui vire à l’alerte sanitaire
Le MV Hondius, navire de croisière battant pavillon néerlandais, reliait Ushuaia, en Argentine, au Cap-Vert lorsqu’une série de cas suspects a été signalée à bord.
Le bateau transporte actuellement :
- 88 passagers
- 59 membres d’équipage
- des voyageurs de 23 nationalités différentes
Depuis dimanche, le navire est maintenu au large de Praia, capitale du Cap-Vert, dans l’attente d’évaluations médicales et d’évacuations sanitaires.
Trois personnes ayant voyagé à bord sont déjà décédées :
- un couple néerlandais
- une passagère allemande
La souche des Andes au cœur des inquiétudes
Le ministre sud-africain de la Santé, Aaron Motsoaledi, a indiqué que les analyses préliminaires montrent la présence du virus des Andes.
Cette souche est particulièrement surveillée car elle est :
- l’une des rares formes de hantavirus connues
- capable de provoquer une transmission interhumaine limitée
- associée à des formes respiratoires sévères
Parmi les dizaines de souches de hantavirus recensées dans le monde, celle des Andes est actuellement la seule reconnue pour pouvoir se transmettre d’une personne à l’autre dans certaines situations de contacts étroits.
Trois évacuations médicales en cours
Selon l’OMS, trois personnes devaient être évacuées depuis le navire :
- deux membres d’équipage présentant des symptômes
- une personne considérée comme cas contact ayant développé une légère fièvre
Les autorités sanitaires précisent toutefois que leur état reste stable.
Des équipes médicales équipées de protections renforcées ont été aperçues mardi soir autour du navire. Des ambulances maritimes ont également transporté des malades vers le port de Praia avant leur transfert vers l’aéroport.
Le risque est-il élevé pour les passagers ?
L’OMS se veut prudente mais rassurante.
Maria Van Kerkhove, responsable de la préparation aux épidémies à l’OMS, explique que :
- le virus ne se transmet pas aussi facilement que la grippe ou le Covid-19
- les contaminations nécessitent généralement des contacts rapprochés
- le risque pour le grand public reste considéré comme faible
L’organisation estime qu’un ou plusieurs premiers cas auraient probablement été contaminés avant l’embarquement, avec ensuite une possible transmission limitée à bord.
Les îles Canaries hésitent à accueillir le navire
Après les évacuations médicales, le MV Hondius devrait théoriquement mettre le cap vers les îles Canaries.
Mais l’accueil du navire reste incertain :
- le gouvernement espagnol évoque une arrivée possible sous contrôle sanitaire
- les autorités locales des Canaries demandent davantage de garanties
- le port d’accueil n’a toujours pas été officiellement confirmé
Les passagers et membres d’équipage devraient ensuite être examinés puis rapatriés vers leurs pays respectifs.
Qu’est-ce qu’un hantavirus ?
Les hantavirus sont une famille de virus principalement transmis par certains rongeurs infectés. Chez l’humain, ils peuvent provoquer :
- des syndromes respiratoires graves
- de fortes fièvres
- des difficultés respiratoires aiguës
- des atteintes rénales dans certains cas
La souche des Andes circule principalement en Amérique du Sud.
Symptômes possibles d’une infection au hantavirus
Les symptômes apparaissent généralement après une phase d’incubation et peuvent inclure :
- forte fièvre
- fatigue intense
- douleurs musculaires
- maux de tête
- troubles respiratoires
- essoufflement
Dans les formes sévères, une hospitalisation rapide peut être nécessaire.
Une enquête sanitaire toujours en cours
Les autorités sanitaires sud-africaines et l’OMS poursuivent actuellement :
- le séquençage complet du virus
- l’identification des cas contacts
- le suivi des passagers ayant quitté le navire
- les vérifications sur les trajets aériens empruntés
L’objectif est de déterminer précisément l’origine de la contamination et d’éviter toute propagation supplémentaire.
Même si la situation reste sous surveillance, les experts rappellent que ce type de virus ne présente pas le même potentiel de diffusion qu’une pandémie respiratoire classique.
